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Retrait de fils, agrafes et drains à domicile : quels soins votre infirmière peut-elle réaliser chez vous ?

19/05/2026
Retrait de fils, agrafes et drains à domicile : quels soins votre infirmière peut-elle réaliser chez vous ?
Votre infirmière à domicile peut retirer fils et agrafes. Acte remboursé, indolore et sans déplacement chez le chirurgien

Chaque année en Belgique, la chirurgie ambulatoire progresse, et de plus en plus de patients rentrent chez eux le jour même de leur opération, avec une plaie encore fragile qui nécessite un suivi rigoureux. Beaucoup ignorent pourtant qu'il n'est pas nécessaire de retourner chez le chirurgien pour faire retirer ses fils ou ses agrafes : l'infirmière à domicile est pleinement habilitée à réaliser ce soin, sur prescription médicale, dans le confort de votre foyer. À Yvoir, Audrey Génicot et Chloé Laurent, infirmières à domicile, accompagnent quotidiennement des patients en période post-opératoire, du changement de pansement jusqu'à l'ablation complète du matériel de suture. Cet article vous explique concrètement ce que votre infirmière peut faire chez vous, dans quelles conditions, et à quel moment.

Ce qu'il faut retenir
  • Le retrait de fils et agrafes à domicile est un acte infirmier B2, remboursé par l'INAMI sur prescription médicale, sans reste à charge pour le patient lorsque l'infirmière est conventionnée (système du tiers payant).
  • Les délais de retrait varient selon la localisation : 3 à 5 jours pour le visage et le cou, 10 à 12 jours pour les membres, 11 à 15 jours pour l'abdomen et les cicatrices orthopédiques.
  • L'aspect définitif d'une cicatrice n'est observable qu'entre 9 et 12 mois après l'intervention : un résultat esthétique décevant dans les premières semaines est tout à fait normal.
  • Depuis le 1er décembre 2022, la réglementation INAMI impose une photographie de la plaie au moins tous les 14 jours dans le dossier infirmier pour les plaies complexes, condition nécessaire au remboursement des soins par la mutuelle.

Le retrait de fils et agrafes à domicile par l'infirmière : un acte légal et remboursé en Belgique

Un acte encadré par la nomenclature INAMI

En Belgique, le retrait de fils et agrafes à domicile par une infirmière est un acte infirmier connexe, classé B2, encadré par l'article 8 de la nomenclature des prestations de santé (NPS) de l'INAMI. Cet acte nécessite une prescription médicale pour être remboursé par votre mutuelle. Concrètement, votre chirurgien ou médecin traitant rédige une ordonnance nominative, datée et signée, précisant la date d'ablation et le type de retrait à effectuer. Précision utile : un dentiste peut également prescrire le retrait de fils pour des sutures buccales, conformément à l'Arrêté Royal du 10 janvier 2021 (Moniteur Belge du 19 février 2021), ce qui concerne notamment les patients ayant subi une chirurgie dentaire ou maxillo-faciale.

Conventionné ou non : un impact direct sur votre portefeuille

Grâce au système du tiers payant, vous ne devez souvent rien avancer : l'infirmière conventionnée facture directement la mutuelle. Les infirmières qui adhèrent à la convention INAMI s'engagent à ne pas facturer de supplément au-delà des honoraires réglementaires. À l'inverse, une infirmière non conventionnée peut appliquer des suppléments sur les honoraires réglementaires, générant un reste à charge parfois significatif pour le patient. Il est donc recommandé de vérifier le statut conventionné de votre infirmière avant d'engager le suivi. Résultat avec une infirmière conventionnée : vous évitez un déplacement pénible à l'hôpital ou chez le chirurgien, vous restez dans votre environnement familier, et vous bénéficiez d'un suivi personnalisé, attentif à votre état de santé global. Audrey Génicot et Chloé Laurent assurent ce type de soins post-opératoires à domicile à Yvoir dans le respect strict du cadre conventionné INAMI.

À noter : La distinction entre infirmière conventionnée et non conventionnée est cruciale financièrement. Avec une infirmière conventionnée, le patient ne paie rien via le tiers payant. Avec une infirmière non conventionnée, le supplément d'honoraires n'est pas remboursé par la mutuelle. Pensez à poser la question dès le premier contact téléphonique.

Fils, agrafes, drains : quels dispositifs de fermeture chirurgicale doivent être retirés ?

Trois types de dispositifs et leurs implications

Après une intervention chirurgicale, la plaie peut être fermée à l'aide de différents dispositifs. Les fils non résorbables, fabriqués en nylon ou en polyester, doivent impérativement être retirés manuellement par un professionnel de santé. Ils peuvent être posés en points séparés — la technique la plus courante pour une fermeture solide — en surjet simple, un fil continu pour une fermeture rapide, ou en surjet intradermique, une technique plus esthétique laissant des cicatrices peu visibles.

Les agrafes chirurgicales, en acier inoxydable, sont fréquemment utilisées en chirurgie abdominale, orthopédique, thoracique ou encore pour les lacérations du cuir chevelu. Leur structure en rectangle ouvert rapproche les berges de la plaie tout en permettant aux tissus de prendre de l'expansion. Elles sont retirées à l'aide d'une pince ôte-agrafes à usage unique ou d'une pince de Michel, selon le type d'agrafe posé.

Quant aux drains, comme le célèbre drain de Redon inventé dans les années 1950 par le médecin français Yves Redon, il s'agit de dispositifs aspiratifs destinés à drainer le sang et la lymphe résiduels dans la loge opératoire. Ils restent généralement en place 1 à 3 jours et sont retirés sur prescription. Le rôle de l'infirmière à domicile ne se limite d'ailleurs pas au retrait : il inclut également la surveillance active du drain en place, avec un contrôle quotidien de la quantité et de la qualité du liquide drainé (sang, lymphe, aspect trouble suspect), la vérification de l'étanchéité du système aspiratif et le changement du réceptacle. Ces actes, réalisables à domicile sur prescription, doivent être scrupuleusement documentés dans le dossier infirmier. Attention toutefois : ne confondez pas les fils non résorbables avec les fils résorbables. Ces derniers se dissolvent seuls en 12 à 60 jours selon leur composition. Aucun retrait n'est nécessaire, et tenter de les enlever prématurément pourrait fragiliser inutilement la plaie.

Les délais recommandés pour le retrait selon la localisation

Le moment du retrait varie considérablement en fonction de la zone opérée. La prescription médicale fait toujours foi, mais voici les délais indicatifs reconnus par la Société Française et Francophone de Plaies et Cicatrisation (SFFPC) :

  • Visage et cou : 3 à 5 jours, grâce à une vascularisation abondante qui accélère la cicatrisation
  • Membres supérieurs et inférieurs : 10 à 12 jours
  • Abdomen et cicatrices orthopédiques : 11 à 15 jours

Pour les plaies fragiles — chez des patients diabétiques, âgés, sous immunosuppresseurs ou anticoagulants — l'infirmière peut procéder à un retrait partiel : une agrafe sur deux le premier jour, puis le reste 24 à 48 heures plus tard. Cette technique est d'ailleurs recommandée par la HAS (Haute Autorité de Santé) dans ses bonnes pratiques de soins infirmiers, et elle s'applique également aux zones anatomiques à forte tension mécanique (abdomen, membres inférieurs), indépendamment du profil du patient. Sur ces zones, le retrait en deux temps espacé de 24 à 48 heures est une précaution systématique, même chez un patient sans comorbidité. Par ailleurs, des facteurs comme le tabagisme, la dénutrition ou un traitement immunosuppresseur peuvent allonger le délai de maintien des sutures. Respectez toujours la date inscrite sur l'ordonnance, sans l'avancer ni la retarder de votre propre initiative. Un retrait prématuré peut provoquer une réouverture des berges, tandis qu'un retrait trop tardif peut laisser des marques en pointillés permanentes.

À noter : Les patients atteints du syndrome d'Ehlers-Danlos (SED) présentent des troubles de la cicatrisation spécifiques qui rendent les délais standards inapplicables. Seuls les fils non résorbables peuvent leur être posés, et la durée de maintien des sutures doit être définie individuellement par le chirurgien. Pour ces patients, aucune décision de retrait ne peut être prise sans coordination explicite avec l'équipe chirurgicale : l'infirmière à domicile ne doit jamais procéder sans confirmation médicale adaptée au cas.

Comment l'infirmière procède au retrait des fils et agrafes à votre domicile

Les conditions indispensables pour un soin sécurisé

Avant toute intervention, l'infirmière vérifie que la prescription médicale est bien nominative, datée, signée, et qu'elle précise le délai (J+x), le type d'ablation (totale ou partielle) et la mention explicite « à réaliser par une infirmière à domicile ». Sans cette ordonnance, le soin ne peut être ni pratiqué ni remboursé par la mutuelle. Si votre chirurgien ne la délivre pas spontanément lors de la sortie d'hôpital, n'hésitez pas à la demander.

L'infirmière évalue ensuite l'état de la plaie : solidité des berges, absence de rougeur étendue, de suintement ou de signe infectieux. À votre domicile, prévoyez un espace propre et bien éclairé — une lampe d'appoint peut s'avérer nécessaire, car certains fils fins sont très difficiles à repérer. Ne retirez pas vous-même votre pansement avant l'arrivée de l'infirmière. Pensez également à récupérer le matériel prescrit à la pharmacie en amont du rendez-vous : en Belgique, il revient au patient de se procurer le matériel spécifique et de le tenir à disposition.

La traçabilité du soin : une obligation réglementaire

Le dossier de soins infirmiers joue un rôle central dans la qualité et le remboursement du suivi. Depuis le 1er décembre 2022, la réglementation INAMI impose qu'une photographie de la plaie soit ajoutée au dossier infirmier au moins tous les 14 jours pour les plaies complexes. Cette traçabilité photographique conditionne directement le remboursement des soins par la mutuelle. L'infirmière y consigne également l'état de la plaie à chaque passage, les gestes réalisés et toute anomalie observée.

Les étapes concrètes du retrait : un acte stérile et généralement indolore

L'infirmière commence par une friction hydro-alcoolique des mains, puis retire l'ancien pansement avec des gants non stériles. Elle inspecte minutieusement la plaie : rougeur, œdème, suintement, signes d'infection éventuels. Un nettoyage au sérum physiologique (NaCl 0,9 %) est alors effectué. Contrairement à une idée reçue, les antiseptiques topiques ne sont plus recommandés systématiquement sur une plaie cicatrisante normale selon les recommandations internationales — ils peuvent même retarder la cicatrisation.

L'infirmière enfile ensuite des gants stériles et utilise du matériel stérile à usage unique : coupe-fil, pince à disséquer, compresses, champ stérile. Pour les fils, elle saisit le nœud à la pince, coupe le fil sous le nœud, au ras de la peau — jamais au-dessus, afin d'éviter que la portion externe, potentiellement colonisée par des bactéries cutanées, ne traverse les tissus — puis tire délicatement. Elle vérifie que le nombre de fils retirés correspond au nombre initial posé, car un fragment oublié pourrait entraîner une réaction inflammatoire ou infectieuse.

Pour les agrafes, elle glisse la pince ôte-agrafes sous l'agrafe, presse pour la déformer, puis la retire d'un mouvement contrôlé. De petites marques résiduelles aux points de pénétration sont normales et s'atténuent progressivement au fil des semaines. Ne vous inquiétez pas de leur aspect initial.

Soyez rassuré : cet acte est généralement indolore. Vous ressentirez tout au plus une légère traction passagère. L'infirmière vous informe avant chaque geste, vous installe confortablement et veille à votre pudeur en exposant au minimum la zone concernée. Après le retrait, le matériel est éliminé dans les filières réglementaires : conteneur OPCT pour les instruments piquants, DASRI si les déchets sont fortement souillés.

Exemple concret : Mireille Claessens, 68 ans, habitant Spontin, a été opérée d'une prothèse de genou droit au CHU UCL Namur dans le cadre du protocole RAAC (Réhabilitation Améliorée Après Chirurgie). Rentrée chez elle dès le 3e jour post-opératoire, elle a bénéficié du passage quotidien de son infirmière à domicile : surveillance du drain de Redon pendant les 48 premières heures (contrôle du volume drainé et de l'étanchéité), puis retrait du drain à J3 sur prescription du chirurgien. À J14, l'infirmière a procédé au retrait partiel des agrafes (une sur deux), suivi du retrait complet à J16. Chaque passage a été documenté dans le dossier infirmier avec photographie de la plaie. L'ensemble des soins a été pris en charge par la mutuelle via le tiers payant, sans aucun reste à charge.

Après le retrait : soins de cicatrisation et vigilance

Comprendre les phases de cicatrisation pour mieux patienter

Connaître les étapes biologiques de la cicatrisation aide à se rassurer sur l'évolution de sa plaie. La phase inflammatoire dure de J0 à J6 : rougeur, gonflement et sensibilité sont parfaitement normaux durant cette période. Vient ensuite la phase proliférative, de J7 à 3 semaines, durant laquelle les fibroblastes produisent du collagène pour reconstruire le tissu. Enfin, la phase de remodelage, la plus longue, peut se prolonger jusqu'à 18 mois. L'aspect définitif de la cicatrice n'est observable qu'entre 9 et 12 mois après l'intervention : un résultat esthétique qui peut sembler décevant dans les premières semaines est donc tout à fait normal et ne doit pas vous alarmer.

Les soins complémentaires pour une cicatrisation optimale

Une fois les fils ou agrafes retirés, l'infirmière procède à un nouveau nettoyage de la plaie. En cas de légère désunion des berges, elle applique des Stéri-Strips®, des bandes adhésives cutanées stériles qui rapprochent délicatement les bords de la plaie. Si la cicatrice est propre et sèche, elle peut être laissée à l'air libre.

Attendez au moins 24 heures avant de vous doucher, sans frotter la plaie, en séchant par tamponnement. Évitez le bain, le sauna et le hammam dans les jours suivants, et patientez 15 jours avant de vous baigner. Une légère douleur résiduelle est normale dans les heures qui suivent : consultez si elle s'intensifie ou persiste au-delà de 24 heures.

La protection de votre cicatrice ne s'arrête pas là. Appliquez un écran solaire SPF 50+ sur la zone pendant au moins 12 mois — voire jusqu'à 2 ans pour les peaux à forte pigmentation ou les cicatrices exposées comme celles du visage ou du décolleté. Les UV peuvent provoquer une hyperpigmentation définitive, particulièrement entre le 2e et le 3e mois post-opératoire, période critique où la cicatrice atteint son maximum d'épaississement et de rougissement, la rendant particulièrement vulnérable. À partir de la 3e semaine post-retrait, un massage cicatriciel deux fois par jour avec une crème hydratante, en mouvements doux en zigzag, assouplit les tissus et réduit les adhérences. Côté alimentation, privilégiez la vitamine C, les protéines, le zinc et le fer, et évitez le tabac et l'alcool, qui freinent activement la régénération tissulaire.

Conseil : Pour les cicatrices à risque hypertrophique (cicatrices épaisses et saillantes), les pansements en silicone constituent une option complémentaire efficace. Le gel de silicone s'applique en fine couche sur une cicatrice entièrement fermée, 2 à 3 fois par jour après chaque massage. La durée standard du traitement est de 3 mois, pouvant être prolongée en cas de cicatrice pathologique. Ce soin peut être conseillé par l'infirmière ou le chirurgien à l'issue du retrait des fils : n'hésitez pas à en discuter lors du passage de votre infirmière.

Les situations qui nécessitent malgré tout un retour chez le chirurgien

Certains signaux d'alerte doivent vous amener à consulter rapidement :

  • Signes d'infection : rougeur étendue et persistante, chaleur locale, douleur croissante, écoulement purulent, fièvre supérieure à 38 °C
  • Réouverture de la plaie après retrait : les berges s'écartent visiblement
  • Hématome localisé ou gonflement inhabituel
  • Fils adhérents ou profonds nécessitant une manipulation plus invasive

Concernant les drains, si l'infirmière rencontre une résistance lors du retrait, elle s'arrête immédiatement et contacte le chirurgien, car il existe un risque de rupture ou de fragment résiduel. Les drains pleuraux ou médiastinaux complexes, quant à eux, requièrent une présence médicale sur site 24h/24 et ne relèvent pas de l'infirmière à domicile seule.

La RAAC : l'infirmière libérale en première ligne du retour à domicile

La RAAC (Réhabilitation Améliorée Après Chirurgie) est un protocole qui s'applique à des chirurgies précises : digestive (côlon, hernie, vésicule biliaire), orthopédique (prothèse de hanche ou de genou), gynécologique, urologique et ORL (thyroïde, amygdales). Dans ce cadre, l'infirmière libérale est positionnée en première ligne du suivi post-chirurgical à domicile, assurant non seulement le retrait des fils, mais aussi la surveillance des constantes, l'évaluation de la douleur, la prévention des complications (infection, phlébite, hémorragie) et la transmission des anomalies à l'équipe médicale hospitalière. Ce modèle de prise en charge réduit la durée d'hospitalisation tout en garantissant une continuité de soins rigoureuse une fois le patient de retour chez lui.

Audrey et Chloé, vos infirmières à domicile à Yvoir pour vos soins post-opératoires

Le retrait de fils, agrafes et drains à domicile par une infirmière qualifiée constitue un véritable confort pour les patients en convalescence, en évitant des déplacements inutiles tout en garantissant un soin stérile et sécurisé. À Yvoir et dans ses environs, Audrey Génicot et Chloé Laurent assurent l'ensemble de vos soins post-chirurgicaux à domicile : pansements, surveillance de la cicatrisation, retrait du matériel de suture et accompagnement personnalisé tout au long de votre rétablissement. Infirmières conventionnées INAMI, elles pratiquent le tiers payant : aucun supplément ne vous sera facturé au-delà des honoraires réglementaires. Leur approche allie rigueur technique et dimension humaine, pour que chaque passage soit aussi un moment de réassurance et d'écoute. Si vous revenez d'une intervention chirurgicale et que vous disposez d'une ordonnance, n'hésitez pas à les contacter pour organiser votre suivi dans les meilleures conditions.