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Soins d'hygiène à domicile après une hospitalisation : comment tout organiser en 4 étapes ?

25/06/2026
Soins d'hygiène à domicile après une hospitalisation : comment tout organiser en 4 étapes ?
Soins d'hygiène à domicile après l'hôpital : 4 étapes concrètes pour éviter toute rupture de soins et être remboursé par votre mutuelle

En Belgique, près d'un tiers des personnes de plus de 75 ans est hospitalisé chaque année, et le taux de réhospitalisation dans le mois qui suit reste préoccupant. Les séjours hospitaliers raccourcissent, mais les démarches pour mettre en place des soins d'hygiène à domicile après une hospitalisation restent longues — un décalage qui expose les patients à une véritable rupture de prise en charge. Saviez-vous que les personnes âgées hospitalisées ont 60 fois plus de risque de développer des incapacités fonctionnelles, et que seule la moitié d'entre elles récupère ses capacités ? Selon une étude belge publiée par Minerva, la revalidation à domicile après une hospitalisation repousse le délai moyen de la première réhospitalisation à 49 jours, contre seulement 25 jours en cas de revalidation en hôpital de jour, et génère globalement moins de réhospitalisations. À Yvoir, Audrey Génicot et Chloé Laurent, infirmières à domicile, accompagnent chaque jour des patients dans cette transition délicate entre l'hôpital et la maison. Voici un plan d'action en quatre étapes concrètes pour organiser rapidement vos soins d'hygiène à domicile, sans perdre un jour.

Ce qu'il faut retenir
  • Les soins d'hygiène à domicile ne nécessitent pas de prescription médicale en Belgique : l'évaluation de l'autonomie via l'Échelle de Katz, réalisée par l'infirmier lors de la première visite, suffit à déclencher le remboursement par la mutuelle.
  • Un patient éligible au Forfait A (score Katz de 3 ou 4 dans au moins 3 domaines sur 6) bénéficie d'un forfait journalier de 20,64 € intégralement remboursé ; pour une dépendance modérée, la classification T2 permet le remboursement de 2 toilettes par semaine.
  • L'évaluation Katz doit être transmise via MyCareNet dans les 10 jours calendrier suivant la première prise en charge, et renouvelée tous les 3 mois — toute interruption de 10 jours ou plus impose une nouvelle évaluation.
  • Le statut BIM (Bénéficiaire de l'Intervention Majorée), accessible sous condition de revenus annuels nets inférieurs à 11 120 €, réduit le plafond annuel de dépenses santé de 450 € à 250 € et doit être demandé explicitement à la mutuelle dès l'hospitalisation.

1 - Solliciter l'assistante sociale de l'hôpital sans attendre

Un réflexe à avoir dès l'admission

La toute première chose à faire lorsqu'une date de sortie est annoncée — ou même dès l'admission — est de contacter le service social hospitalier. En Belgique, le SPF Santé publique a défini la fonction de « référent hospitalier pour la continuité des soins ». Sa mission légale consiste précisément à préparer la sortie des patients présentant un risque de rechute ou dont le retour à domicile est complexe.

Ce service peut être sollicité à tout moment durant le séjour, par le patient lui-même, son entourage ou l'équipe soignante. Il ne faut surtout pas attendre la veille du départ. Pour une sortie prévue dans 24 à 48 heures, rendez-vous immédiatement à l'unité de soins ou à l'accueil de l'hôpital.

Ce que l'assistante sociale peut organiser pour vous

Concrètement, l'assistante sociale peut :

  • Contacter un service infirmier à domicile avant votre sortie (avec votre accord)
  • Vous orienter vers les aides financières disponibles (mutuelle, CPAS)
  • Coordonner la livraison de matériel médical (barres d'appui, lit médicalisé)
  • Prévoir une garde à domicile ou un dispositif de télévigilance
  • Organiser, si nécessaire, un court séjour en maison de repos ou de convalescence lorsque le retour à domicile immédiat est trop complexe

Pensez également à contacter votre mutuelle (MC, Partenamut, Solidaris…) directement depuis l'hôpital. Les mutuelles belges disposent de services de coordination du retour à domicile joignables 7 jours sur 7. Les Centres de coordination de Partenamut, par exemple, sont joignables 24h/24 et 7j/7 au +32 78 15 21 48 (option 3) ou par e-mail à soinsservicesdomicile@partenamut.be. Ils peuvent se déplacer physiquement à l'hôpital pour analyser vos besoins sur place, organiser les prestataires adaptés (infirmier, kiné, aide familiale) et vous informer sur les tarifs et remboursements disponibles avant même la sortie.

À noter : lorsque le retour à domicile immédiat s'avère trop complexe — domicile inadapté, absence d'aidant proche ou soins trop lourds —, un court séjour en maison de repos ou de convalescence constitue une alternative valide. Ce séjour temporaire, organisé via l'assistante sociale ou la mutuelle (Partenamut et la MC proposent ce type d'orientation), permet de préparer sereinement le domicile sans exposer le patient à un risque de chute ou de rupture de soins. Attention toutefois : si la durée du séjour de convalescence dépasse 10 jours calendrier, une nouvelle évaluation Katz devra être réalisée à la reprise des soins infirmiers à domicile.

2 - Obtenir une prescription médicale complète avant de quitter l'hôpital

Les trois mentions indispensables sur l'ordonnance

Avant de franchir la porte de l'hôpital, assurez-vous de disposer d'une ordonnance médicale détaillée. La prescription doit impérativement mentionner trois éléments : le type de soin (pansement, injection, aide à la toilette…), la fréquence des passages (une ou deux fois par jour, par exemple) et la durée du traitement. Sans ces trois informations, la mutuelle belge refusera systématiquement le remboursement. À noter cependant que depuis le 1er novembre 2025, une modification de l'article 8 de la nomenclature INAMI supprime l'obligation complémentaire de prescription médicale pour certaines prestations infirmières, dans le but d'harmoniser les exigences de prescription avec celles qui s'appliquent à l'exercice de la profession. Cette évolution simplifie concrètement certaines démarches administratives pour les patients sortant d'hospitalisation.

L'exception des soins d'hygiène à domicile

Il existe cependant une exception importante. Pour les soins d'hygiène — c'est-à-dire l'aide à la toilette —, aucune prescription médicale préalable n'est nécessaire en Belgique. Le remboursement repose sur une évaluation de l'autonomie du patient réalisée directement par l'infirmier à domicile, au moyen de l'Échelle de Katz. Cet outil évalue six domaines : se laver, s'habiller, se déplacer, aller aux toilettes, la continence et l'alimentation. Un score de 1 à 4 est attribué pour chaque domaine, et le résultat global détermine la catégorie de dépendance et le montant du forfait journalier accordé par l'assurance.

Le rôle central du médecin traitant après la sortie

Sachez que la lettre de sortie est transmise électroniquement par l'hôpital à votre médecin traitant, qui devient alors l'interlocuteur central pour le suivi post-hospitalier et le renouvellement des prescriptions. Si ce n'est pas encore fait, demandez explicitement l'ouverture d'un Dossier Médical Global (DMG) chez votre médecin traitant dès le premier contact post-hospitalier : ce dossier améliore les taux de remboursement de vos soins de santé, y compris les soins infirmiers à domicile. N'oubliez pas non plus de signaler à l'infirmière hospitalière tout besoin d'attestation — pour votre employeur ou votre mutuelle — avant de quitter le service.

Conseil : vérifiez dès l'hospitalisation si vous ou votre proche pouvez prétendre au statut BIM (Bénéficiaire de l'Intervention Majorée). Ce statut, accessible aux patients dont les revenus annuels nets sont inférieurs à 11 120 €, réduit le plafond annuel de dépenses santé de 450 € à seulement 250 € par an. Il peut considérablement diminuer le reste à charge post-hospitalier. Attention : le statut BIM est soumis à condition de revenus et ne s'applique pas automatiquement — il doit être demandé explicitement auprès de votre mutuelle.

3 - Contacter une infirmière à domicile rapidement pour les soins d'hygiène

Qui appeler en province de Namur ?

Plusieurs services agréés INAMI et conventionnés sont disponibles en Wallonie. Parmi les principaux : Aide & Soins à Domicile (ASD), partenaire de la Mutualité Chrétienne (pour Namur : 081 25 74 57), la Croix Jaune et Blanche, plus grande organisation non marchande de soins à domicile en Belgique avec 6 650 collaborateurs, et Domiris. Choisir un prestataire conventionné INAMI est essentiel : un infirmier non conventionné réduit votre remboursement de 25 %.

Ces services sont joignables 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Ils interviennent chaque jour de l'année, week-ends et jours fériés compris, généralement entre 8 h et 21 h, plusieurs fois par jour si nécessaire. Une première visite peut être organisée sous 24 à 48 heures en Belgique — un délai rassurant quand la sortie arrive vite.

Ce qu'il faut communiquer dès le premier appel

Pour que la prise en charge démarre sans retard, préparez les informations suivantes avant de téléphoner :

  • Nom, prénom et adresse exacte du patient
  • Numéro de carte d'identité électronique (eID)
  • Nom de la mutuelle et numéro d'affilié
  • Nature et fréquence des soins requis (prescription si disponible)
  • Date souhaitée pour le premier passage

Vous n'êtes pas obligé de passer par l'hôpital pour contacter un service infirmier. Les patients et leurs proches peuvent effectuer une demande directe. Si vous êtes dans la région d'Yvoir, un simple appel suffit pour déclencher la procédure.

Ce que le remboursement couvre réellement

Le système belge prévoit le tiers payant obligatoire pour les soins infirmiers prescrits : l'infirmier facture directement à la mutuelle, et vous n'avancez aucun frais. Pour les soins d'hygiène spécifiquement, l'infirmier réalise l'évaluation via l'Échelle de Katz lors de la première visite et la transmet via la plateforme électronique MyCareNet au médecin-conseil de la mutualité. Cette évaluation est valable trois mois maximum. Passé ce délai, elle doit être renouvelée sous peine de suspension des remboursements. En cas d'interruption des soins pendant une période égale ou supérieure à 10 jours calendrier (notamment en cas de réhospitalisation), l'infirmier doit obligatoirement notifier la mutuelle, et une nouvelle évaluation Katz devra être introduite et transmise via MyCareNet dans les 10 jours suivant la reprise — sans cette démarche, les premiers jours de soins après la reprise ne seront pas remboursés.

Forfait A ou classification T2 : quel remboursement pour quel niveau de dépendance ?

Un patient présentant un score Katz de 3 ou 4 dans au moins trois domaines sur six est éligible au Forfait A, soit 20,64 € par jour intégralement remboursé — une différence de plus de 200 € par mois par rapport à une facturation à l'acte. La transmission de cette évaluation doit être effectuée dans les 10 jours calendrier suivant la première prise en charge, sans quoi les premiers jours de soins ne seront pas couverts.

Pour les patients présentant une dépendance modérée ne justifiant pas de soins d'hygiène quotidiens, la classification T2 constitue une alternative adaptée : elle permet à la mutuelle de rembourser 2 toilettes par semaine (et non un forfait journalier). Ce régime s'applique lorsque le score Katz ne remplit pas les critères du Forfait A. Attention : la classification T2 ne convient pas aux patients présentant une dépendance élevée ou multiple, pour lesquels le Forfait A sera plus avantageux financièrement.

Pensez à remettre en original la prescription médicale lors du premier passage, ainsi que votre carte eID.

Exemple concret : Madeleine Fréson, 82 ans, rentre à son domicile de Spontin après une prothèse de hanche au CHU UCL Namur – site de Godinne. Sa fille Nathalie contacte les Centres de coordination de Partenamut dès le lendemain de l'opération. Lors de la première visite à domicile, l'infirmière évalue le score Katz de Madeleine : score de 3 pour « se laver », 3 pour « s'habiller » et 3 pour « se déplacer ». Ce résultat la rend éligible au Forfait A, soit 20,64 € par jour, intégralement pris en charge par la mutuelle. L'évaluation est transmise via MyCareNet dans les 48 heures. Résultat : Madeleine bénéficie d'une toilette quotidienne à domicile sans avancer le moindre euro. Si sa dépendance avait été plus légère — par exemple un score de 2 dans deux domaines seulement —, elle aurait été orientée vers la classification T2, avec 2 passages par semaine remboursés.

4 - Préparer le domicile pour les soins d'hygiène en toute sécurité

Sécuriser la salle de bain avant le retour

La salle de bain est l'environnement le plus accidentogène du domicile. Selon Qualias, spécialiste belge du matériel médical, près d'un accident domestique sur deux impliquant des seniors y survient. Avant le retour du patient, installez au minimum un tapis antidérapant dans la douche ou la baignoire, une barre d'appui murale fixée à hauteur adaptée, et un siège de douche pour les personnes ne pouvant rester debout. Un rehausseur de WC est également recommandé si le patient éprouve des difficultés à se relever — la hauteur idéale se situe entre 45 et 50 cm.

Ce matériel est accessible à des conditions avantageuses via les mutuelles. La MC propose via Qualias une remise de 50 % sur la location de matériel médical. Partenamut offre une prime de 400 € pour l'aménagement du domicile des personnes de plus de 65 ans, ainsi qu'un service de livraison incluant montage et installation via le Partenamut Shop.

Si la sortie est programmée plus de 48 heures à l'avance, demandez à votre mutuelle une visite d'ergothérapeute à domicile. Ce professionnel évalue les risques liés à la configuration de votre logement — largeur des portes, accessibilité de la douche, hauteur du lit — et recommande les aménagements prioritaires. Cette visite est gratuite chez Partenamut et disponible via Solival chez la MC. Elle peut même se faire par vidéoconférence.

Préparer le matériel de base pour la première toilette infirmière

L'infirmier apporte le matériel stérile spécifique (pansements, seringues), mais le matériel d'hygiène courant reste à la charge du patient. Dès la première visite, vous devez avoir à disposition : une boîte de gants jetables, un bassin, de l'eau chaude, du savon liquide, au minimum deux essuies et deux gants de toilette propres, du linge de rechange, ainsi que des essuie-mains en papier pour l'hygiène des mains du personnel soignant.

Les 48 premières heures : ne restez pas seul

Un conseil essentiel : ne restez pas seul dans les 24 à 48 heures suivant votre retour. En effet, 29 à 64 % des patients âgés hospitalisés développent un syndrome confusionnel aigu (delirium) durant leur séjour (source : SOFCOT). Ce syndrome augmente significativement le risque de chutes, de déclin fonctionnel et de réhospitalisation dans les premières semaines suivant le retour à domicile, y compris chez des patients qui n'en présentaient pas à l'entrée. En cas de malaise, de chute ou de douleur imprévue, la présence d'un proche est indispensable. Si personne ne peut rester sur place, activez rapidement un dispositif de télévigilance — Vitatel via la MC ou Télésecours via Partenamut — joignable en urgence via votre mutuelle. Rappelons également que le patient ne peut pas prendre le volant à la sortie de l'hôpital : prévoyez un accompagnant pour le transport retour.

À noter : tout membre de l'entourage qui aide régulièrement et gratuitement un patient peut obtenir le statut d'aidant proche en Belgique. Ce statut, activable dès l'hospitalisation via le service social ou la mutuelle, ouvre droit à un soutien psychologique, à des séjours de convalescence et à des services de garde à domicile (notamment via Partenamut). Il ne s'applique toutefois pas aux situations d'aide ponctuelle ou rémunérée : il est réservé à un accompagnement régulier et bénévole.

Organiser les soins d'hygiène à domicile après une hospitalisation n'a rien d'insurmontable lorsque l'on connaît les bonnes étapes et les bons interlocuteurs. À Yvoir, Audrey et Chloé interviennent chaque jour auprès de patients qui traversent cette transition. Infirmières à domicile conventionnées INAMI, elles assurent les soins d'hygiène, les soins techniques et l'accompagnement post-hospitalier avec une approche humaine et personnalisée, en coordination avec votre médecin traitant et votre mutuelle. Si vous ou un proche rentrez bientôt de l'hôpital dans la région d'Yvoir, n'hésitez pas à les contacter pour organiser rapidement une première visite et bénéficier d'une prise en charge sereine, sans rupture de soins.