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Infirmière en soins palliatifs à domicile : quel est son rôle au quotidien ?

0/06/2026
Infirmière en soins palliatifs à domicile : quel est son rôle au quotidien ?
Soins, disponibilité 24h/24, coordination : tout ce que fait concrètement l'infirmière en soins palliatifs à domicile

En Belgique, près de deux tiers des patients en fin de vie souhaitent mourir chez eux, mais seulement un patient sur trois y accède effectivement, le plus souvent par manque d'information sur le dispositif existant. Concrètement, que fait une infirmière en soins palliatifs à domicile lors de chacun de ses passages ? Son rôle s'articule autour de trois grandes dimensions : les soins techniques et l'accompagnement humain, la coordination avec les autres professionnels de santé, et le soutien apporté à la famille. Audrey & Chloé, infirmières à domicile à Yvoir, interviennent en soins palliatifs en province de Namur et connaissent intimement chacune de ces facettes. Cet article vous éclaire sur la réalité quotidienne de cette mission essentielle.

Ce qu'il faut retenir
  • Le statut palliatif ouvre droit à un forfait de 827,99 € (montant indexé au 1er janvier 2025), renouvelable une fois, ainsi qu'à la suppression du ticket modérateur pour les soins infirmiers, les visites du médecin généraliste et la kinésithérapie à domicile.
  • L'infirmière attestant des soins palliatifs à domicile doit être disponible 24 h/24 et 7 j/7, et peut effectuer jusqu'à trois passages quotidiens, ce qui en fait le professionnel de santé le plus présent auprès du patient.
  • Grâce à l'outil PICT (Palliative Care Indicator Tool), le médecin généraliste peut identifier un patient comme palliatif à un stade plus précoce de la maladie, sans attendre une espérance de vie inférieure à trois mois — les soins palliatifs pouvant d'ailleurs coexister avec des traitements curatifs encore en cours (loi du 21 juillet 2016).
  • Pour obtenir le forfait palliatif, cinq conditions cumulatives doivent être réunies, et la demande doit impérativement être réceptionnée par la mutualité avant le décès du patient (formulaire « Annexe 1 » transmis par le médecin traitant).

Comment se met en place concrètement le suivi palliatif à domicile ?

La mise en place des soins palliatifs à domicile suit un protocole défini. Une évaluation complète de la situation est d'abord réalisée : état de santé, symptômes, besoins et attentes du patient et de sa famille. Sur cette base, un plan de soins personnalisé est élaboré et un infirmier référent est désigné dès le départ. En parallèle, l'organisation matérielle est anticipée : aménagement du domicile, mise à disposition d'équipements médicaux tels que lit médicalisé, fauteuil roulant, oxygène ou pousse-seringue. En pratique, c'est souvent le service social de l'hôpital qui coordonne le retour à domicile et la mise en place de ces différents services.

???? Conseil : si un retour à domicile est envisagé pour un proche en situation palliative, sollicitez dès que possible le service social de l'hôpital. C'est lui qui orchestre la transition entre l'hôpital et le domicile, en veillant à ce que tous les intervenants (infirmière, médecin traitant, kinésithérapeute, fournisseur de matériel médical) soient en place avant le retour du patient.

Des soins techniques précis à chaque passage de l'infirmière à domicile

Gestion de la douleur et traitements antalgiques

Lorsqu'une infirmière en soins palliatifs franchit la porte d'un domicile, elle ne vient pas simplement « prendre des nouvelles ». Chaque visite comprend une série d'actes techniques rigoureux, adaptés à l'état du patient ce jour-là. Elle assure la gestion et l'administration des traitements antalgiques, qu'il s'agisse de comprimés, de perfusions sous-cutanées ou de dispositifs plus complexes comme les pompes à morphine et les pousse-seringues.

Pansements, soins d'hygiène et prévention des escarres

Les soins réalisés sont variés et exigeants. L'infirmière effectue des pansements complexes, des injections, des soins de bouche destinés à soulager les muqueuses fragilisées, ainsi que des soins d'hygiène corporelle complets. Elle procède également aux changements de position du patient, un geste essentiel pour prévenir les escarres, ces lésions cutanées douloureuses qui surviennent chez les personnes alitées. L'évaluation de l'autonomie du patient est réalisée à l'aide de l'échelle de Katz, un outil clinique standardisé qui permet de déterminer le niveau de dépendance et le type de forfait journalier applicable pour le remboursement des soins d'hygiène par la mutualité.

Évaluation de la douleur et surveillance nutritionnelle

À chaque passage, la douleur est évaluée au moyen d'échelles validées comme l'EN (Échelle Numérique, de 0 à 10) et l'EVA (Échelle Visuelle Analogique). Ces outils permettent d'objectiver l'évolution de la douleur d'un jour à l'autre et d'ajuster les traitements en concertation avec le médecin traitant, sans attendre qu'une crise s'installe. L'infirmière surveille aussi les symptômes difficiles : nausées, gêne respiratoire, troubles nutritionnels et hydriques. La surveillance nutritionnelle et hydrique fait d'ailleurs partie intégrante du plan de soins : les apports sont ajustés en fonction de l'état de santé évolutif du patient, permettant d'anticiper des complications telles que la déshydratation ou les troubles de déglutition, et d'adapter la prise en charge de confort avant qu'elles ne deviennent critiques.

Quant à la fréquence des visites, elle peut atteindre jusqu'à trois passages par jour, en fonction de l'état du patient. En phase terminale, cette fréquence s'intensifie naturellement. Imaginons un patient dont la douleur nécessite des ajustements posologiques rapides : l'infirmière pourra intervenir le matin pour administrer le traitement, en milieu de journée pour réévaluer la douleur, et le soir pour assurer les soins d'hygiène et de confort. Cette régularité fait d'elle le professionnel de santé le plus présent auprès du patient.

???? Exemple concret : un témoignage recueilli auprès d'une famille accompagnée par le réseau Continuing Care illustre bien cette réalité quotidienne. L'infirmière référente est intervenue matin et soir pendant quatre mois, joignable à toute heure, tandis que le médecin traitant venait chaque semaine et le kinésithérapeute deux fois par semaine. Dès sa première visite, elle a pris le temps d'expliquer l'ensemble du dispositif à la famille avec « douceur et chaleur humaine ». Ce type d'accompagnement reflète fidèlement ce que vivent les patients et familles suivis par des infirmières de première ligne engagées en soins palliatifs.

Un accompagnement humain et émotionnel au cœur du rôle infirmier en soins palliatifs

L'écoute active, une compétence clinique à part entière

Le rôle de l'infirmière en soins palliatifs à domicile ne se limite pas aux gestes techniques. À chaque visite, elle pratique une écoute active, adaptée à l'état psychologique du patient ce jour-là. Certains jours, la personne soignée aura besoin de parler de ses peurs. D'autres jours, un simple silence partagé suffira. L'infirmière s'ajuste en permanence, prenant en compte les besoins spirituels, relationnels et de dignité de chaque patient.

Une disponibilité 24 h/24 imposée par la réglementation belge

La réglementation belge de l'INAMI impose d'ailleurs une exigence forte : l'infirmière attestant des soins palliatifs à domicile doit être disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 si le patient en a besoin. Cela implique une permanence téléphonique en dehors des passages programmés. Pour une famille confrontée à une détresse respiratoire nocturne ou à une montée brutale de douleur, savoir qu'une voix compétente est joignable à toute heure change tout. Cette disponibilité fait de l'infirmière le pivot humain de la prise en charge palliative à domicile.

???? À noter : pour se prévaloir d'une qualification professionnelle particulière en soins palliatifs reconnue en Belgique, une infirmière doit avoir suivi une formation spécialisée de 150 heures, conformément à l'arrêté ministériel du 8 juillet 2013. Cette formation couvre notamment la gestion des émotions du soignant, l'écoute active comme compétence clinique, la polypathologie, les soins en contexte de domicile et l'éthique en situation palliative. Pour trouver une infirmière réellement spécialisée, il est donc pertinent de vérifier si elle détient cette qualification reconnue — et non simplement une expérience déclarée.

Coordination avec les autres professionnels : l'infirmière comme pivot opérationnel

Communication quotidienne avec le médecin et les intervenants

Les soins palliatifs à domicile reposent sur une équipe pluridisciplinaire coordonnée. L'infirmière ne peut pas couvrir seule tous les besoins du patient, et ce n'est pas son objectif. Son rôle est d'être le pivot opérationnel de cette coordination. Au quotidien, elle communique avec le médecin traitant pour signaler toute évolution clinique et ajuster les traitements. Elle s'articule avec le kinésithérapeute, les aides-soignants et, le cas échéant, un psychologue.

Le dossier de liaison, garant de la continuité des soins

Pour assurer la continuité des soins entre tous ces intervenants, un dossier de soins partagé ou un cahier de liaison est mis en place dès le début de la prise en charge. L'INAMI impose à l'infirmière de compléter un dossier infirmier spécifique intégrant les informations propres à la situation palliative. Prenons un exemple concret : si le kinésithérapeute constate une perte de mobilité significative lors de sa séance du mardi, l'infirmière en est informée via le cahier de liaison et peut adapter ses soins d'hygiène et de positionnement dès le lendemain matin.

Le rôle de l'équipe de soutien de deuxième ligne

Il est important de distinguer le rôle de l'infirmière de première ligne de celui de l'équipe de soutien de deuxième ligne. En province de Namur, l'équipe PalliaNam remplit ce rôle de deuxième ligne : elle conseille, coordonne et soutient les soignants de terrain, sans se substituer à eux dans la réalisation des soins quotidiens. Son intervention est gratuite et nécessite l'accord écrit du médecin traitant. Fait notable : 21 % des demandes d'intervention de ces équipes émanent directement des infirmières de première ligne. L'infirmière peut donc solliciter cette ressource en amont d'une crise, par exemple face à une douleur réfractaire ou une détresse respiratoire difficile à gérer. L'équipe de 2e ligne se réunit en interdisciplinarité chaque semaine pour examiner collectivement les situations palliatives suivies, sous le regard croisé de chaque discipline (médecins, infirmiers, psychologue, kinésithérapeute, travailleurs sociaux). L'infirmière de 1re ligne peut être invitée à ces réunions de concertation hebdomadaires, ce qui renforce la cohérence des décisions collégiales autour du patient.

Évaluation continue et adaptation permanente des soins palliatifs à domicile

Une réévaluation systématique à chaque passage

Chaque passage infirmier est aussi un moment d'évaluation. L'état général du patient est réévalué de manière systématique : niveau de douleur, mobilité, hydratation, état psychologique. Cette réévaluation permet d'adapter le plan de soins en temps réel, en lien constant avec le médecin traitant.

Durée du suivi et importance d'une prise en charge précoce

La durée du suivi palliatif à domicile varie considérablement. Selon une étude belge publiée dans la revue Infokara, la durée moyenne de suivi est de 63 jours, mais elle peut aller de quelques jours à plusieurs mois. Dans 12 % des situations, l'équipe de soutien n'est malheureusement sollicitée que dans la semaine précédant le décès, ce qui prive le patient et sa famille d'un accompagnement plus précoce et plus complet. L'infirmière peut attester les soins palliatifs jusqu'au jour du décès du patient.

Précisons un point méconnu : grâce à la nouvelle échelle PICT (Palliative Care Indicator Tool), le médecin généraliste peut désormais identifier un patient comme palliatif à un stade plus précoce de la maladie, en se basant sur sa vulnérabilité et la sévérité de ses besoins, et non plus uniquement sur une espérance de vie inférieure à trois mois. Selon plusieurs études, les soins palliatifs initiés précocement permettent non seulement d'améliorer la qualité de vie et le contrôle des symptômes, mais aussi de réduire le nombre de dépressions, d'éviter des traitements disproportionnés et des hospitalisations non programmées, et d'augmenter l'espérance de vie du patient. À noter que les soins palliatifs peuvent être entamés alors que des traitements curatifs sont encore en cours, conformément à la loi belge du 21 juillet 2016.

???? Exemple concret : Nadège Herbillon, 58 ans, habitant Profondeville, est atteinte d'un cancer du pancréas diagnostiqué au printemps. Son médecin généraliste utilise l'échelle PICT dès le mois de juin et identifie un statut palliatif, alors qu'un traitement de chimiothérapie est encore en cours. L'infirmière de première ligne commence ses passages quotidiens dès juillet pour gérer les douleurs abdominales et les nausées. Résultat : Nadège a bénéficié de cinq mois d'accompagnement palliatif de qualité, au lieu de quelques jours en fin de parcours, ce qui a permis d'anticiper chaque palier de prise en charge et de maintenir le plus longtemps possible une qualité de vie satisfaisante.

Soutenir la famille : un rôle essentiel de l'infirmière en soins palliatifs

Informer les proches pour réduire l'angoisse

Accompagner un proche en fin de vie est une épreuve immense. L'infirmière en soins palliatifs à domicile joue un rôle déterminant auprès de l'entourage. Elle explique les soins en termes clairs et concrets : quels signes cliniques sont attendus, comment évolue la douleur, pourquoi la respiration se modifie, comment l'alimentation change en fin de vie. Plus les proches comprennent ce qui se passe, moins ils sont submergés par l'angoisse face à des situations pourtant prévisibles.

Impliquer les aidants et prévenir leur épuisement

L'infirmière implique aussi la famille comme aidant actif dès le départ. Elle peut apprendre aux proches certains gestes, comme les soins d'hygiène ou la gestion de la nutrition, pour qu'ils se sentent utiles sans être isolés dans leur rôle. Des temps d'écoute dédiés aux aidants sont proposés pour prévenir leur épuisement, un risque réel quand l'accompagnement s'étend sur plusieurs semaines. Lorsque les aidants proches s'épuisent malgré tout, deux ressources complémentaires peuvent être mobilisées : des bénévoles formés à l'accompagnement palliatif (en province de Namur, PalliaNam propose une formation spécifique pour ces bénévoles) et des centres palliatifs de jour qui offrent un répit ponctuel aux aidants habituels. L'équipe de 2e ligne, notamment sa psychologue, peut également intervenir au domicile pour un soutien psychologique des proches, y compris dans le cadre du deuil après le décès.

La planification anticipée des soins (ACP)

L'Advance Care Planning (ACP), ou planification anticipée des soins, fait également partie de cette mission. Ce processus permet au patient d'exprimer ses souhaits concernant sa fin de vie : lieu de décès, limitations thérapeutiques, désignation d'un représentant légal. Il inclut également la possibilité de rédiger une « déclaration anticipée » consignant par écrit ses souhaits thérapeutiques et la désignation d'un représentant, pour le cas où il ne serait plus en capacité d'exprimer sa volonté. L'infirmière veille au respect concret de ces choix dans la pratique quotidienne des soins. Depuis le 1er novembre 2022, les entretiens d'ACP sont entièrement remboursés par l'INAMI, ce qui facilite leur mise en place.

Après le décès, le rôle de l'infirmière ne s'arrête pas brutalement. Elle peut orienter les proches vers des associations de soutien au deuil ou des groupes de parole disponibles en province de Namur, pour accompagner cette transition douloureuse.

Un cadre financier protecteur souvent méconnu des familles

Le forfait palliatif : conditions et montant

Beaucoup de familles redoutent le coût des soins palliatifs à domicile. Pourtant, le cadre belge est protecteur. Dès que le médecin traitant obtient le statut palliatif pour son patient — via le formulaire « Annexe 1 » transmis au médecin-conseil de la mutualité —, celui-ci bénéficie d'un forfait palliatif de 827,99 € (montant indexé au 1er janvier 2025), valable 30 jours et renouvelable une fois, destiné à couvrir les médicaments et le matériel de soins. Pour bénéficier de ce forfait, le patient doit remplir cinq conditions cumulatives : (1) souffrir d'une ou plusieurs affections irréversibles ; (2) présenter une évolution défavorable et une détérioration généralisée ; (3) ne plus être influencé par les interventions thérapeutiques ; (4) avoir des besoins physiques, psychiques, sociaux et spirituels élevés nécessitant un engagement long et soutenu ; (5) ne pas être hospitalisé au moment de la réception de la demande par la mutualité. La demande doit impérativement être réceptionnée par la mutualité avant le décès du patient.

Suppression du ticket modérateur et notifications obligatoires

En parallèle, le patient ne paie plus de ticket modérateur pour les soins infirmiers à domicile, les visites du médecin généraliste et les séances de kinésithérapie à domicile. L'infirmière doit notifier la mutualité dans les dix jours suivant le début des soins palliatifs via le réseau MyCareNet. Ces dispositifs permettent de soulager financièrement les familles à un moment où l'énergie doit être consacrée à l'essentiel.

???? À noter : l'évaluation de l'autonomie du patient, réalisée par l'infirmière à l'aide de l'échelle de Katz, détermine le type de forfait journalier applicable pour le remboursement des soins d'hygiène. Ce score conditionne directement le niveau de prise en charge financière des soins quotidiens par la mutualité. Il est donc essentiel que cette évaluation soit réalisée avec rigueur dès le début de la prise en charge palliative.

Audrey & Chloé : des infirmières engagées en soins palliatifs à domicile près de Yvoir

Chez Audrey & Chloé, infirmières à domicile à Yvoir, l'accompagnement en soins palliatifs repose sur cette vision globale : des soins techniques rigoureux, une présence humaine authentique et une coordination étroite avec l'ensemble des intervenants. Disponibles et à l'écoute, Audrey Génicot et Chloé Laurent s'engagent à préserver la dignité et le confort de chaque patient, tout en soutenant les familles dans cette traversée difficile.

Si vous résidez en province de Namur et recherchez une infirmière pour assurer des soins palliatifs à domicile, n'hésitez pas à les contacter. Leur approche personnalisée, leur disponibilité et leur connaissance du réseau palliatif local sont des atouts précieux pour vivre cette étape dans les meilleures conditions possibles.