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Soins à domicile après prothèse de hanche ou de genou : le guide semaine par semaine

28/05/2026
Soins à domicile après prothèse de hanche ou de genou : le guide semaine par semaine
Injections, pansements, bilan sanguin : guide semaine par semaine des soins à domicile après prothèse hanche ou genou

Chaque année en Belgique, plus de 23 000 prothèses de hanche et 24 000 prothèses de genou sont posées — un chiffre en constante augmentation. Or, la durée d'hospitalisation s'est considérablement réduite : 3 à 5 jours seulement, parfois moins dans le cadre des protocoles de Récupération Rapide Après Chirurgie. Ce retour précoce à domicile, souvent insuffisamment anticipé, génère beaucoup d'inquiétude chez les patients et leurs proches. Comment gérer les injections, les pansements, la douleur et la surveillance de la cicatrice sans l'encadrement hospitalier ? Chez Audrey & Chloé, infirmières à domicile à Yvoir, nous accompagnons quotidiennement des patients dans cette phase délicate, et nous savons qu'un suivi infirmier rigoureux permet un retour à domicile sûr et parfaitement réalisable.

Ce qu'il faut retenir
  • La surveillance des plaquettes sous héparine doit être réalisée au moins 2 fois par semaine à partir de J5 et pendant tout le premier mois (recommandation SFAR pour les patients chirurgicaux), et non une fois par semaine.
  • Le taux d'infection sur prothèse est compris entre 0,3 % et 1,5 % (HAS 2014) : un risque faible mais aux conséquences graves (retrait possible de la prothèse), justifiant la rigueur des soins infirmiers sans pour autant alarmer inutilement.
  • Le retrait des fils ou agrafes intervient à J14-J15 pour la hanche et à J21 minimum pour le genou (en raison de la forte sollicitation mécanique de l'articulation).
  • Une consultation chez le médecin traitant est recommandée dès la première semaine après le retour à domicile (distincte du contrôle chirurgical prévu à J42-J45).

1 - Prothèse de hanche : une convalescence rapide mais encadrée

Reprise de la marche et rééducation

Après une prothèse totale de hanche (PTH), la reprise de la marche avec cannes est autorisée dès le lendemain de l'opération. L'autonomie pour les gestes du quotidien — se laver, s'habiller, se déplacer dans la maison — est généralement retrouvée en 3 à 4 semaines. La rééducation en kinésithérapie reste relativement courte : environ 10 séances, à raison de 2 à 3 par semaine, débutant vers le 5e à 7e jour post-opératoire.

Les mouvements interdits pendant 6 semaines

Attention cependant : pendant les 6 premières semaines, certains mouvements sont formellement interdits pour éviter une luxation de la prothèse. Il est interdit de fléchir la hanche au-delà de 90°, de croiser les jambes ou d'effectuer des rotations forcées du bassin. Concrètement, cela signifie ne pas s'asseoir sur un siège trop bas, ne pas ramasser un objet au sol sans technique adaptée, et toujours pivoter les jambes et le bassin ensemble pour se lever du lit.

Côté cicatrice, la fermeture se fait par agrafes (ablation à J15) ou par surjet résorbable (l'infirmière coupe simplement les extrémités de fil dépassant à J15, sans ablation nécessaire). Ces gestes font partie intégrante des soins post-opératoires à domicile assurés par l'infirmière.

À noter : la reprise des activités sexuelles est possible environ 6 semaines après une PTH, en évitant formellement l'association extension de hanche et rotation externe, qui constitue le mouvement à risque de luxation dans ce contexte. Cette information, rarement communiquée spontanément par l'équipe chirurgicale, est pourtant attendue par de nombreux patients actifs et contribue à lever une inquiétude souvent tue.

2 - Prothèse de genou : une récupération plus longue à ne pas sous-estimer

Un œdème persistant pendant plusieurs mois

La convalescence après une prothèse totale de genou (PTG) est sensiblement plus exigeante. Le genou reste chaud et gonflé pendant 3 à 6 mois, parfois jusqu'à un an. Cet œdème s'étend fréquemment à la cheville et au pied — c'est une réaction normale tant qu'elle ne s'accompagne ni de rougeur intense ni de fièvre.

Une rééducation intensive et prolongée

La rééducation est intensive et incontournable : 20 à 30 séances, à raison de 5 par semaine. Un séjour en centre de rééducation est parfois prévu d'office par le chirurgien avant même l'intervention. La récupération complète de la force musculaire et de l'amplitude articulaire demande 6 mois à 1 an. Ce délai s'explique par un décalage important entre cicatrisation externe et interne : si la peau cicatrise en 10 à 15 jours, les tissus profonds — tendons, capsule articulaire, muscles — continuent de cicatriser pendant plusieurs semaines à plusieurs mois après la fermeture cutanée (source : Pr Cavaignac, CHU Toulouse). C'est précisément pourquoi la rééducation intensive doit se poursuivre bien après la disparition de la cicatrice visible.

La cicatrice, située sur la face antérieure du genou, mesure 15 à 20 cm. Elle nécessite un pansement à la fois élastique (pour permettre la rééducation précoce), étanche et absorbant. Les fils non résorbables ne doivent pas être retirés avant J21 minimum, car l'articulation du genou est soumise à une forte mobilité mécanique qui augmente le risque de désunion en cas de retrait prématuré.

3 - Préparer le domicile avant l'hospitalisation : une étape indispensable

Trois critères à remplir pour rentrer chez soi

Pour que le retour à domicile soit envisageable, trois critères doivent être réunis : le patient marche correctement avec ses cannes, un accompagnant est disponible, et le domicile est adapté. Les protocoles des HUG de Genève ajoutent un critère supplémentaire : le patient doit être capable de monter et descendre un escalier (jambe saine en premier pour monter, jambe opérée en premier pour descendre). L'incapacité à franchir un escalier est un critère de redirection vers un centre de convalescence, indépendamment de la volonté du patient. Si ces conditions ne sont pas remplies — patient isolé ou logement mal configuré — un séjour en centre de convalescence d'environ un mois est conseillé.

Les aménagements à anticiper

Les aménagements à prévoir avant l'hospitalisation (et non après le retour) sont les suivants :

  • Installer un rehausseur de WC et des barres d'appui dans la douche et aux toilettes
  • Placer un siège de douche avec embouts antidérapants
  • Supprimer tous les tapis de sol
  • Privilégier des sièges hauts avec accoudoirs
  • Préparer des ustensiles à long manche pour éviter les flexions excessives de la hanche

Point important pour les patients belges : les soins infirmiers à domicile (pansements, injections, prélèvements) sont remboursés par la mutualité dans le cadre de l'assurance obligatoire soins de santé, sur prescription médicale, à condition que l'infirmière soit conventionnée INAMI.

Exemple concret : Mireille Fagnoul, 68 ans, habitant Anhée, avait prévu un retour à domicile immédiat après sa PTH posée au CHU de Mont-Godinne. Or, son appartement se situe au premier étage sans ascenseur. À l'évaluation pré-sortie, elle n'a pas été en mesure de monter l'escalier de manière sécurisée avec ses cannes. Son chirurgien a donc orienté Mireille vers un centre de convalescence pour trois semaines avant de poursuivre sa rééducation à domicile. À son retour chez elle, un rehausseur de WC et des barres d'appui avaient été installés par sa famille, et les soins infirmiers — injections, pansements, surveillance de la cicatrice — ont été pris en charge quotidiennement par notre cabinet.

4 - J1 à J5 : les premiers jours à domicile sous surveillance rapprochée

Le premier passage infirmier

Dès le premier jour de retour, l'infirmière effectue un passage pour contrôler l'état général : inspection du membre opéré (couleur, chaleur, gonflement éventuel du mollet), évaluation de la douleur et premier changement de pansement. C'est le début concret des soins à domicile après prothèse de hanche ou de genou.

Les injections anticoagulantes quotidiennes

Le traitement anticoagulant par injection sous-cutanée quotidienne (héparine de bas poids moléculaire, HBPM) débute immédiatement. Ce passage infirmier a lieu tous les jours, 7 jours sur 7, week-ends et jours fériés inclus, pendant 30 à 40 jours en moyenne. Certains chirurgiens prescrivent en alternative des anticoagulants oraux directs (rivaroxaban ou dabigatran), dont l'observance est toutefois plus difficile à contrôler puisqu'il n'existe pas de test de vérification d'efficacité. Sur ce point, une étude du CHU de Caen (ScienceDirect, 2012) apporte un argument clinique concret : les injections d'HBPM réalisées par une infirmière à domicile garantissent une meilleure observance que les anticoagulants oraux, précisément parce que la présence quotidienne de l'infirmière constitue en elle-même un mécanisme de contrôle de la prise — un argument directement rassurant pour l'entourage qui s'interroge sur la nécessité du passage infirmier quotidien.

Les bas de contention doivent être portés le jour uniquement pendant les 3 premières semaines. L'infirmière vérifie leur bonne mise en place à chaque passage. Une consultation chez le médecin traitant est recommandée dans la semaine suivant le retour, afin d'ajuster les antalgiques, d'interpréter le premier bilan sanguin et de coordonner les prescriptions — ce rendez-vous précoce est distinct du suivi chirurgical de J42.

5 - J5 à J15 : gestion de la cicatrice et bilans sanguins bihebdomadaires

Réfection du pansement et inspection de la cicatrice

La réfection du pansement s'effectue tous les 2 à 3 jours (toutes les 48 heures pour la PTH), en conditions d'asepsie stricte. Un conseil pratique : prendre sa douche juste avant le passage de l'infirmière permet d'éviter la macération au niveau du pansement, tout en gardant la cicatrice protégée et jamais immergée.

À chaque passage, l'infirmière procède à une inspection visuelle systématique de la cicatrice. Elle recherche tout écoulement — même clair et non purulent —, une rougeur croissante, une chaleur locale anormale ou le moindre signe de désunion. Il ne faut surtout pas attendre l'apparition de pus pour alerter le médecin traitant : une infection précoce sur prothèse est une urgence médico-chirurgicale à traiter dans les 24 à 48 heures.

Surveillance plaquettaire : au moins deux fois par semaine

Dès J5, un bilan sanguin bihebdomadaire (au minimum 2 fois par semaine) est indispensable pour surveiller les plaquettes et dépister la thrombopénie induite par l'héparine (TIH), complication grave qui se manifeste par une chute d'au moins 30 % des plaquettes à partir du 5e jour de traitement. Ce rythme de surveillance bihebdomadaire est spécifiquement recommandé par la SFAR pour les patients chirurgicaux sous HBPM, population jugée à risque élevé de TIH (source : SFAR / ScienceDirect 2020-2021). Les globules rouges sont également contrôlés à cette occasion. Ce prélèvement peut être réalisé à domicile par l'infirmière. Les mollets sont également inspectés quotidiennement lors de chaque injection : rougeur, chaleur, douleur ou gonflement constituent des signes possibles de thrombose veineuse profonde.

Conseil : ne confondez pas rythme de passage de l'infirmière et rythme de prélèvement sanguin. L'infirmière passe tous les jours pour l'injection anticoagulante, mais les prélèvements sanguins sont réalisés au moins 2 fois par semaine selon la prescription. Pensez à vérifier avec votre médecin traitant que cette fréquence bihebdomadaire figure bien sur l'ordonnance dès J5.

6 - J14-J21 : ablation des fils ou agrafes, une étape clé des soins à domicile

Pour une prothèse de hanche, l'ablation des agrafes intervient à J14-J15, réalisée à domicile par l'infirmière. En cas de surjet résorbable, elle coupe simplement les extrémités de fil au ras de la peau.

Pour une prothèse de genou, le retrait des fils non résorbables ne doit pas avoir lieu avant J21 minimum. Cette différence s'explique par la forte sollicitation mécanique du genou, qui impose un délai supplémentaire pour éviter toute désunion de la cicatrice.

Après l'ablation, un pansement est maintenu quelques jours supplémentaires jusqu'à disparition complète des croûtes. Une fois la cicatrice parfaitement étanche et refermée, la douche sans pansement devient possible et une crème anti-inflammatoire peut être appliquée pour atténuer la rougeur cicatricielle.

7 - J15 à J45 : phase de consolidation et coordination avec le chirurgien

Fin progressive des soins de plaie

Les soins de plaie prennent fin progressivement entre la 4e et la 6e semaine. Les injections anticoagulantes se poursuivent jusqu'à J30-J40 selon la prescription, accompagnées d'un bilan sanguin bihebdomadaire (au moins 2 prélèvements par semaine, conformément aux recommandations SFAR) tout au long du premier mois.

Consignes spécifiques pour la PTG et la PTH

Pour la PTG, la surveillance de l'œdème reste prioritaire : élévation régulière de la jambe, application de glace (cryothérapie), port de bas de contention. Attention à une erreur fréquente : la jambe ne doit jamais être fléchie sur un coussin pendant les 6 premières semaines, y compris la nuit — elle doit rester à plat ou en élévation en extension complète. Poser le genou opéré en flexion sur un coussin durant la nuit, même légèrement, compromet la récupération de l'amplitude articulaire et nuit à la rééducation (source : protocoles HUG de Genève). Pour la PTH, il faut éviter le bain et la piscine avant cicatrisation totale (environ 3 à 4 semaines) et ne pas reprendre la conduite automobile avant 15 jours minimum, avec l'accord du chirurgien.

La consultation de contrôle chez le chirurgien est programmée à J42-J45, soit environ 6 semaines après l'intervention, pour évaluer la récupération globale et la tolérance post-opératoire.

À noter : pour les patients porteurs d'une PTG, le fait que la cicatrice en surface soit refermée ne signifie pas que la guérison est achevée. La cicatrisation cutanée est atteinte en 10 à 15 jours, mais les tissus profonds (tendons, capsule articulaire, muscles) continuent de cicatriser pendant plusieurs semaines à plusieurs mois. C'est la raison pour laquelle la rééducation intensive doit impérativement se poursuivre bien au-delà de la disparition de la cicatrice visible, même si le patient a l'impression d'être « guéri » en surface.

8 - Signes d'alerte : les situations qui ne peuvent pas attendre

Certains signaux imposent une réaction immédiate. Sur le plan local : tout écoulement de la cicatrice (même clair), une rougeur croissante, une chaleur anormale, une désunion ou une nécrose. Pour les patients porteurs d'une PTG, un épanchement douloureux du genou — distinct de l'œdème post-opératoire habituel — constitue un signe d'alerte spécifique imposant une consultation urgente (recommandation HAS 2014) : il se manifeste par une douleur marquée sur une articulation qui semblait pourtant s'améliorer. Sur le plan général : fièvre, frissons, ou toute douleur nocturne réveillant le patient sur une prothèse habituellement indolore — ce dernier signe doit être considéré comme infectieux jusqu'à preuve du contraire.

En cas de mollet rouge, chaud, douloureux et gonflé, une thrombose veineuse profonde doit être suspectée et un écho-doppler demandé en urgence. Fait méconnu mais capital : toute infection à distance — angine, infection urinaire, abcès dentaire, ongle incarné — peut contaminer l'implant par voie sanguine, même plusieurs années après l'opération. Le médecin doit en être informé sans délai.

À noter : selon la HAS (2014), le taux d'incidence des infections de site opératoire sur prothèse est compris entre 0,3 % et 1,5 %. Ce risque est donc statistiquement faible, mais ses conséquences peuvent être très lourdes (retrait de la prothèse, réintervention). C'est précisément ce déséquilibre entre probabilité faible et gravité élevée qui justifie la rigueur quotidienne des soins infirmiers à domicile, sans pour autant alarmer inutilement l'entourage.

9 - La coordination entre professionnels : le véritable filet de sécurité

Chaque professionnel, un rôle précis

L'infirmière à domicile assure les soins techniques quotidiens — pansements, injections, prélèvements — mais joue aussi un rôle de vigie, premier maillon de la détection des complications. Le kinésithérapeute prend en charge la rééducation motrice (dès J5-J7 pour la hanche, intensif dès le départ pour le genou). Le médecin traitant prescrit les traitements, interprète les bilans sanguins et adapte les antalgiques. Sa consultation, recommandée dès la première semaine suivant le retour à domicile (source : chirurgien Bocquet, arras-orthopedie.com), est distincte du suivi chirurgical de J42 et permet d'ajuster précocement la prise en charge.

Des lacunes hospitalières qui renforcent l'importance du suivi à domicile

Un audit INAMI mené en 2023 sur 30 hôpitaux belges a révélé des lacunes préoccupantes dans les rapports de sortie : informations manquantes dans 18 % des cas pour la douleur, 55 % pour l'imagerie, et 61 % pour la destination du patient. Ce constat renforce l'importance d'une communication proactive entre l'infirmière et le médecin traitant dès le premier jour du retour. Un conseil pratique : rassembler les coordonnées du chirurgien, du médecin traitant et de l'infirmière dans un document unique, remis au patient et à son entourage dès l'arrivée à domicile.

Si vous résidez dans la région d'Yvoir et que vous préparez un retour à domicile après une prothèse de hanche ou de genou, Audrey & Chloé vous accompagnent au quotidien avec des soins à domicile adaptés, rigoureux et bienveillants. Conventionnées INAMI, elles assurent l'ensemble des soins infirmiers post-opératoires — pansements, injections anticoagulantes, prélèvements sanguins, surveillance de la cicatrice — tout en coordonnant étroitement le suivi avec votre médecin traitant et votre kinésithérapeute. Leur présence régulière constitue un repère rassurant, tant pour le patient que pour son entourage, et contribue à une convalescence sereine dans le confort de votre domicile.